⚠️ Cet article est une analyse personnelle, réalisée à titre éducatif et non lucratif, dans le cadre d’une démarche de vulgarisation ECOSINT visant à démontrer l’intérêt de l’imagerie satellite et des sources ouvertes pour le suivi des feux de forêt. Elle ne se substitue en aucun cas à l’analyse officielle des autorités (préfecture, SDIS, ONF). Les chiffres officiels des sapeurs-pompiers, obtenus par reconnaissance terrain et survols dédiés, doivent toujours être considérés comme la référence.
Pour toute information fiable et à jour sur cet incendie, se référer aux communiqués de la préfecture de la Gironde et des services de secours.
Une erreur, une imprécision, une source plus à jour ? N’hésitez pas à le signaler contact@humida.fr. Cette démarche ECOSINT se veut ouverte et collaborative, et toute correction contribue à améliorer la fiabilité des prochaines analyses ! 🐸
Contexte
Après l’analyse de l’incendie de Die, j’ai patiemment attendu la mise en ligne des images satellites du 02/08/2026 (incendie fixé) pour de nouveau me prêter à l’exercice d’estimer l’étendue et la sévérité d’un incendie, l’incendie de Gironde. L’analyse porte uniquement sur le secteur entre Lacanau (nord), Lège-Cap-Ferret (sud), Pierroton (est) et Le Porge (ouest).
Résumer de l’analyse
L’analyse des images satellites effectuée par Humida montre (consulter l’analyse complète) :
- Étendue estimée de l’incendie : 43 734 ha
- Secteurs faible-modérée à fortement brûlés : 79 % (34 720 ha)
- Secteurs faiblement brûlés : 6 % (2 594 ha)
- Secteurs non brûlés (inclus les secteurs initialement sans végétation) : 15 % (6 420 ha)
Analyse complète
Les images satellites Sentinel-2 permettent :
(1) d’estimer l’étendue de l’incendie,
(2) sa sévérité sur les secteurs impactés (degré d’altération d’une zone par l’incendie).
📐 Étendue de l’incendie
L’estimation de l’étendue de l’incendie a été effectuée via l’analyse de l’image satellite Sentinel-2 du 02/08/2026. À titre informatif, l’emprise a ensuite été comparée à celle réalisée par le SDIS33 le 29/07/2026 (disponible sur le site de la préfecture de Gironde). L’exercice ici est bien de délimiter une emprise via les images satellites et non de reprendre une emprise existante. L’emprise réalisée n’a donc pas été modifiée après consultation de l’emprise officielle.
Le « Normalized Burn Ratio » (NBR) a été réalisé sous Qgis à partir des images pré-incendie et post-incendie. Il permet de mettre en évidence les zones brûlées dans l’incendie. Une valeur NBR élevée indique une végétation saine (couleurs claires sur les cartes ci-dessous), tandis qu’une valeur faible indique un sol nu ou des zones récemment brûlées (couleurs sombres sur les cartes ci-dessous).

🔥 Sévérité de l’incendie
Les valeurs du ΔNBR peuvent varier d’un incendie à l’autre. Par conséquent, l’interprétation de la sévérité de l’incendie doit préférentiellement être effectuée par une évaluation de l’impact réel de ce dernier sur le terrain. Par défaut, l’United States Geological Survey (USGS) propose un tableau de classification pour interpréter la sévérité des incendies. Dans notre cas, le choix s’est porté sur la mobilisation des images satellites « couleurs réelles » (Sentinel-2: True color) et « composite infrarouge à ondes courtes » (Sentinel-2: SWIR). Pour cet exercice d’analyse, les photos de terrain n’ont pas été mobilisées contrairement à ce qui avait été effectué pour l’analyse de l’incendie de Die.
Après analyse, nous obtenons :
Le 02/08/2026
Un incendie ne consume jamais uniformément tout ce qui se trouve à l’intérieur de son périmètre. On y trouve en réalité une mosaïque de zones : des îlots de végétation totalement épargnés par le feu, des secteurs brûlés à faible intensité (sous-bois consumé mais canopée intacte) et des secteurs brûlés à intensité modérée à forte (végétation détruite). Cette hétérogénéité dépend de nombreux facteurs propres au terrain (relief, exposition, continuité du couvert végétal, présence de zones humides ou de ravins qui freinent naturellement la propagation) ainsi que des moyens de lutte engagés (pistes coupe-feu, largages, etc.), qui créent des coupures artificielles dans la progression du feu. La part de surface réellement détruite à forte sévérité peut ainsi varier fortement d’un incendie à l’autre, y compris pour des feux de taille comparable.
Résultat cartographique
(voir l’interface cartographique)

Ce type d’enquête vous intéresse ? N’hésitez pas à le faire savoir ! contact@humida.fr

